[SCOP] Travailler autrement
Quand je dis que je suis en SCOP, mes interlocuteur·ice·s s'imaginent souvent que c'est compliqué. En tout cas, plus que dans une organisation pyramidale classique, avec un chef (oui oui, souvent un) qui sais, qui guide, qui décide...
Et il y a des jours où je serai tenter de leur donner raison.
Et puis il y a les jours où je suis en Groupe de Travail à Pollen, les jours où nous sommes en séminaire des CAE à Sète, les jours où je découvre les orientations stratégiques régionales proposées lors du Congrès Régional... Tous ces jours où la divergence, la curiosité, les différences, les envies de faire autrement nourrissent des pratiques socialement innovantes, un attachement aux projets, au sens, aux personnes. Ces jours où l'argent est important, un moyen essentiel, puissant, mais c'est un moyen au service de quelque chose de plus large, des activités, du vivre ensemble, de nos territoires. Ca me rend fier et plein d'espoir de voir ce que nous sommes capables de faire collectivement.
Il y a aussi ces jours où je lis et j'entends des collègues qui témoignent de leur envie de devenir associé·e·s à leur tour, pour participer aux discussions, aux orientations, aux décisions, pour prendre parfois notre place et nous rendre dispensables.
Alors oui, coopérer c'est pas toujours facile derrière nos valeurs, nos espoirs, nos exigences, mais quelle belle école de la démocratie, du faire ensemble, de la controverse et du lien.
Retour sur le congrès régional de Novembre 2025 en image et priorité
1. Démocratie dans les coopératives
Les coopératrices et coopérateurs souhaitent renforcer notre exemplarité démocratique à travers :
- La publication annuelle d’un rapport mesurant l’impact de la démocratie sur l’organisation du travail (QVT, arrêts, absentéisme, turn-over).
- L’amélioration du dialogue et la construction de projets partagés avec les organisations syndicales.
- Le développement d’espaces d’échanges entre coopératives autour des pratiques de gouvernance.
2. Transition écologique
Trois ambitions majeures ont été identifiées :
1) Généraliser la transition écologique
- S’appuyer sur les coopératives déjà engagées pour diffuser leurs outils, retours d’expérience et pratiques.
- Aller au-delà d’un simple annuaire et structurer une véritable mission d’ambassadeur de la transition écologique, rémunérée, incluant actions de lobbying et valorisation publique des coopératives vertueuses.
2) Accélérer la transition écologique
- Intégrer « la planète, le vivant et la nature » comme parties prenantes dans l’ensemble de nos outils de pilotage.
- Introduire des indicateurs écologiques dans les processus de création et dans les révisions coopératives.
3) Développer des outils financiers nationaux
- Activer des mécanismes de bonus conditionnés à la performance écologique (ex. baisse des taux de remboursement).
- Renforcer le fonds d’ingénierie pour mieux accompagner les projets.
- Mettre en place des outils mutualisés permettant d’absorber le surcoût économique de la transition écologique.
3. Jeunesse
Pour mieux intégrer les jeunes générations dans le mouvement :
- Créer un groupe de travail dédié au CA chargé d’identifier les cibles, adapter les discours et définir une stratégie d’intervention dès le collège.
- Porter un plaidoyer auprès de la CGSCOP afin que les Scop et Scic puissent accueillir des services civiques.
- Développer des financements incitatifs à l’alternance dans les Scop & Scic.
4. Ambassadeur·rices du mouvement
Les coopératives expriment le besoin :
- D’une communication commune plus forte, appuyée sur une boîte à outils modernisée et sur du matériel fourni pour valoriser le mouvement.
- De la création d’une formation “ambassadeur” à destination de tous les adhérents.
- D’une stratégie nationale de communication d’influence déclinée régionalement.
5. Former et se former à la coopération
Les attentes sont les suivantes :
- Mettre en place une sensibilisation “niveau 0”, courte et accessible, pour les futurs coopérateurs.
- Déployer un parcours de formation pluriannuel, modulaire, mêlant inter / intra / accompagnement, destiné à l’ensemble des fonctions (salariés, administrateurs, gérants).
- Développer la formation à la fertilité du conflit et à la gestion de la liberté d’expression dans l’entreprise.
6. Intercoopération
Pour renforcer les relations entre coopératives :
- Moderniser les outils numériques (annuaire, plateformes) pour faciliter les mises en relation.
- Créer un dispositif de parrainage territorial pour les nouvelles Scop et Scic.
- Développer un appui juridique aux réponses à appel d’offres en consortium.
7. Démocratie active dans les instances du mouvement
Les coopératrices et coopérateurs souhaitent voir être mis en place au national :
- La sociocratie, la coprésidence et les conventions citoyennes (tirage au sort).
- Un règlement intérieur pour le CA et la direction nationale renforçant éthique, transparence des processus et clarté des redevabilités.
- Une analyse des modèles économiques des Unions régionales, incluant un travail sur la règle des 3/3 de cotisations.
8. Offre de services
Les pistes de travail prioritaires sont :
- Mieux cibler et rendre visible l’offre selon l’âge, l’activité ou le type d’accompagnement.
- Améliorer la visibilité des activités des adhérents, y compris des CAE.
- Enrichir l’offre :
- mutualisation des fonctions support,
- base documentaire,
- hébergement de formations à l’UR,
- accompagnement sur les risques psychosociaux.
9. Le modèle coopératif, levier de développement
Les coopératrices et coopéateurs demandent de renforcer :
- Le lobbying dans les réseaux hors ESS.
- La reconnaissance de l’innovation sociale comme levier économique.
- La mise en valeur du sens et de la libération des talents comme moteur de performance.
10. Les filières pour la croissance du mouvement
Les actions proposées :
- Renforcer les liens avec les autres composantes du monde coopératif et avec les réseaux engagés dans les transitions.
- Parler davantage en termes de secteurs d’activité (agriculture, industrie, santé, numérique…) plutôt que de filières.
- Améliorer la sympathie et la crédibilité des entreprises coopératives, en rappelant que devenir coopérateur n’est pas qu’une association juridique, il y a une dimension humaine forte.
11. Solidarité
Enfin, les participant·es souhaitent :
- Un appui à la communication pour favoriser la participation citoyenne aux levées de fonds.
- Une plus grande rapidité dans les dispositifs de financement.
- Des outils dédiés à la transition écologique et aux enjeux sociétaux (taux bonifiés, fonds dédiés, comités éthique et écologique).